Appel à la solidarité avec les réfugiés syriens

lundi 21 octobre 2013
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Le Président de la République s’est engagé, le 16 octobre, lors d’un entretien avec le Haut commissaire aux réfugiés Antonio Guterres, à ce que la France accueille 500 réfugiés syriens.

Cette annonce est un premier pas à saluer. Néanmoins, face à l’ampleur de l’exode syrien, nous ne pouvons qu’alerter de son insuffisance. Selon les chiffres des Nations Unies, plus de 2 millions de Syriens sont réfugiés hors des frontières et le rythme de 5 000 départs par jour se maintient. La Turquie, le Liban, l’Irak et la Jordanie, qui accueillent à eux seuls plus de 90 % de ces réfugiés, ont alerté sur l’aggravation de la situation dans la région et sur leurs craintes des conséquences dévastatrices pour leurs pays.

Au delà, cette annonce ne balaie pas les conditions dans lesquelles sont aujourd’hui accueillis les rares arrivants de Syrie en quête d’une protection internationale.

A Calais, les Syriens subissent aujourd’hui le même sort que les exilé-e-s de beaucoup d’autres nationalités depuis la fermeture du camp de Sangatte en 2002. Les sévères critiques du Défenseur des droits en novembre 2002 n’ont modifié qu’à la marge les actes d’hostilité que les pouvoirs publics ne cessent d’infliger aux uns et aux autres. L’absence de toute prise en charge matérielle et sociale à laquelle s’ajoutent des contrôles permanent d’identité et des expulsions de squats mettent à mal la confiance indispensable aux dépôts de demandes d’asile pour celles et pour ceux qui aspirent à une protection internationale.

« Toute l’Europe est mieux que la France. » ont déploré des Syriens délogés, le 5 octobre, de leur squat à Calais par la police. « Nous sommes ici depuis maintenant un ou deux mois avaient-ils expliqué le 2 octobre. Le gouvernement français et la police nous ont très mal traités et n’ont montré auncun intérêt pour notre situation ». « Ils nous ont systématiquement expulsés de nos maisons pour nous mettre à la rue. A chaque fois que nous trouvions un endroit où rester, la police vient et nous arrête, détruisant nos effets personnels et fermant le lieu ».

Cette attitude dissuasive s’inscrit dans la logique de la politique du contrôle des frontières par l’Union Européenne, qui expose migrantes et migrants à la mort comme en témoignent, après beaucoup d’autres, les épouvantables naufrages de ces derniers jours au large de Lampedusa et leurs 400 victimes.
ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture)
Comede (Comité médical pour les exilés)
FASTI (Fédération des associations de solidarité avec les immigrés)
GAS (Groupe accueil solidarité)
GISTI (Groupe d’information et de soutien des immigrés)
Association Primo Levi (soins et soutien aux victimes de la torture et des violences politiques)


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