Chants bretons et danses pour une famille albanaise menacée d’expulsion

lundi 16 décembre 2013
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Samedi, ils étaient une centaine à danser la gavotte sur la place du Centre de Lannion, en Bretagne. A l’origine de cette initiative, le collectif de soutien pour les sans-papiers.

Images Loïc Chapron, source RESF
[*Flash mob à Lannion le samedi 23 novembre 2013 à l’initiative du Comité de défense des sans-papiers du Trégor*]

Aux alentours de 15 h, une certaine agitation régnait sur la place du centre de Lannion. Sur un balcon de la place, un cameraman était prêt à filmer ce qui allait se passer… A 15 h pile, Claude Lintanf a entamé un chant en breton, de sa propre composition. Il a ensuite été suivi par plusieurs chanteurs avant que la danse ne s’engage.

Les passants, séduits par l’initiative, se sont rapidement joints aux danseurs de gavotte. Ils étaient une centaines à participer au total.

A la fin de l’événement, Philippe Vital, porte parole du collectif, s’est dit “très ému de la participation à cet événement. Nous voulions, au travers de ce flash mob, sensibiliser les Lannionnais au sujet d’une famille Albanaise qui risque l’expulsion.” Une pétition, qui a déjà été signée par plus de 600 personnes a circulé sur la place.

La vidéo réalisée sur place par le centre du son de Cavan, sera ensuite mise en ligne.

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C’est en danger de mort que la famille Fregjaj a quitté précipitamment l’Albanie. Dans la région de Shkodër, où tous travaillaient et vivaient, règne la gjakmarrja, une véritable vendetta coutumière.
Fadbarth Fregjaj, 26 ans, a rompu ses fiançailles avec une jeune Albanaise pour épouser Ditmira, ce qui l’expose à la vengeance de la famille de l’ex-fiancée. De plus, le père de Ditmira a tué un membre de cette famille, ce qui rajoute à la complexité du dossier.
Selon la coutume, pour se venger, la partie adverse peut désormais même assassiner l’ensemble de la famille, femmes et enfants compris. Un récent reportage d’Arte met en évidence cette situation dramatique et l’impuissance des autorités albanaises. Le Conseil d’État a ainsi retiré l’Albanie de la liste des pays sûrs. Cela n’a pas été jugé suffisant aux yeux de la préfecture des Côtes-d’Armor.