Journal du comité Ivryen contre les racisme

dimanche 29 juin 2014
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Au sommaire du numéro de juin 2014 :
Edito : Rêvons un peu
L’Exclusion
Trop de murs en Europe là où il faut des ponts
Le Racisme
La Cirulaire Valls

Rêvons un peu !
Notre association est fière d’avoir, au cours de nos permanences, rencontré des citoyens ivryens de 41 nationalités différentes ! Nous nous réjouissons avec eux lorsque leurs démarches sont fructueuses et nous imaginons une France qui respecterait les droits de toutes et de tous et où il ferait bon vivre ensemble.
Alors, l’Europe ne serait plus une forteresse : les états ne dépenseraient plus des milliards pour chasser les migrants. Les migrants ne devraient plus risquer leur vie sur mer ou dans le désert. Les femmes et les hommes circuleraient librement. Ils voyageraient en toute sécurité, ils seraient accueillis chaleureusement, logés confortablement. En France, il n’y aurait plus les Français « de souche » et les autres, il n’y aurait plus de contrôles au faciès, les enfants iraient tous dans les mêmes écoles. Les démarches seraient simplifiées : les étrangers ne seraient plus obligés de faire des heures de queue à la préfecture, de fournir tous les ans des tonnes de papiers prouvant leur présence continue. On leur proposerait des tas de solutions pour apprendre le français. Acquérir la nationalité française pour ceux qui le désirent ne serait plus une course d’obstacles.
Continuons de lutter pour que ces souhaits deviennent réalité.

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L’exclusion

Parmi nous, nombreux sont ceux qui ont eu à affronter l’exclusion : dans leur quartier, à l’école, au travail, voire en famille.
Cela doit nous permettre de mieux comprendre nos semblables venus d’ailleurs avec l’espoir de vivre mieux.
Oui, mais voilà on les regarde souvent de travers parce qu’ils parlent mal notre langue et ont d’autres coutumes.

On leur refuse un travail, un logement, des papiers d’identité. D’où une grande précarité. Comment ne pas être révolté lorsque l’on n’a même pas le droit de voter dans la commune où l’on vit ?
Alors, Ivryens, sachons être plus proches, plus accueillants et soyons fiers d’être des IVRYENS DU MONDE.

TROP DE MURS EN EUROPE LÀ OU IL FAUT DES PONTS

Régulièrement la télévision braque ses caméras sur la Méditerranée à l’annonce de dizaines, de centaines de migrants qui affrontent la mort pour fuir la guerre la misère, la faim sur des embarcations de fortune.. Beaucoup n’atteindront pas la rive. Plus de vingt mille noyés en vingt ans feront de la Méditerranée un cimetière de la misère

L’Europe, depuis 1995, a pris des mesures de plus en plus sophistiquées pour renforcer ses frontières extérieures. Elle a érigé des murs de fer et de béton, consacré des millions d’euros à ce dispositif. Mais rien ne peut empêcher ceux qui n’ont plus rien à perdre, plus d’autre espoir, de chercher un chemin pour la vie.

Toutes ces mesures poussent des hommes, des femmes, des enfants vers la mer et ne résolvent rien. Alors même que les conventions internationales font obligation aux états d’assistance aux naufragés en mer, après la catastrophe de Lampedusa, le conseil des ministres européen ergote sur les moyens pour le sauvetage en mer. L’Italie vient de prendre des dispositions, avec son propre budget, sans solidarité de ‘l’Union Européenne.

Plutôt que de multiplier des mesures de refoulement sécuritaire, l’Europe gagnerait à innover une politique d’accueil et d’intégration. Contrairement aux idées répandues par ceux qui cultivent les craintes pour nourrir des politiques de repli et de recherche de boucs émissaires, l’Europe n’est pas envahie par les migrants des pays tiers.

Ils sont 13,4 % de la population des USA, 21,4 % de celle du Canada et seulement 4 à 5 % de la population européenne. Les millions d’êtres humains qui fuient les guerres de Syrie , de Lybie, de Centre Afrique, du Soudan ….. errent à travers le continent africain, parqués dans des camps dans des pays eux-mêmes fragilisés.

Il est temps que les opinions publiques pèsent sur les gouvernements, sur l’Union Européenne pour affronter la réalité et en finir avec les politiques, soit disant sécuritaires. Il est temps d’initier des politiques de solidarité entre les états membres et avec les pays d’où viennent ces populations migrantes ou par lesquels elles transitent pour promouvoir le vivre ensemble, l’égalité, la coopération pour le développement de tous les pays.

Une véritable coopération internationale destinée non pas à « nous protéger des migrants » mais à en finir avec le pillage par les puissances financières et à assurer à chaque pays le droit de se développer et d’offrir une perspective à ses habitants.

L’avenir des peuples est dans cette coopération dans le respect de la libre circulation, de la libre installation des individus reconnue par la Déclaration des Droits de l’Homme de 1948.

Quelle place pour les migrations dans le monde de demain ?

Beaucoup d’entre nous s’ils recherchent leurs racines proches ou lointaines, retrouvent souvent une ou un immigré. Ou même certains de nos ancêtres n’ont-ils pas immigré, puis sont revenus en France après avoir fait fortune, tels les vendeurs de soie de la vallée du Queyras . Ce sont ensuite tous ceux que nous avons fait venir : polonais, italiens, portugais, algériens…pour développer notre industrie. Ils ont contribué à notre richesse et à la diversité de notre culture.
L’immigration ne peut aujourd’hui se ramener à un simple problème de frontières, car elle résulte des rapports entre les sociétés du monde :

  • migrations pour la survie dans les pays où règne la famine qui s’aggravera si les contraintes du climat ne sont pas prises en compte sérieusement,
  • migrations pour fuir la guerre comme en Syrie, où elle génère des millions de réfugiés,
  • migrations pour un avenir meilleur, compte tenu des inégalités que creuse la mondialisation gouvernée par les seuls profits financiers. Aujourd’hui une des mutations majeures à conduire, dont la crise économique accroit l’urgence, est la transition de notre système de production, d’échanges et de communication vers des sociétés durables, ce qui est très peu évoqué dans le débat politique actuel. Il faudrait quatre planètes comme la nôtre pour assurer aux 9 milliards d’habitants prévus en 2050, le niveau et le mode de vie dont nous bénéficions en occident. Nous continuons à réserver à 20% de la population de la planète 80% de ses ressources naturelles et d’énergie. Il faut rappeler que les racines du mot économie sont les mots grecs (oikos) foyer et (nomos) la règle. Il s’agit donc des règles pour gérer les ressources dont dispose une famille de façon à assurer au mieux le bien-être de tous. Les rapports entre les sociétés et les différentes régions du monde étaient dans le passé assimilables aux relations entre les habitants de deux villages voisins. Aujourd’hui ces relations ressemblent à celles se nouant entre colocataires d’un même appartement. Qu’elles s’apprécient ou non au plan personnel, elles sont condamnées à s’entendre pour gérer la cuisine, le réfrigérateur, et la salle de bains. La planète est devenue un village, mais ce village est aujourd’hui sans justice et sans règles. Ce n’est pas en créant des forteresses pour préserver le capitalisme financier que ces problèmes peuvent trouver solution, mais bien vers le partage et la recherche de règles communes respectant la planète qu’il faut se tourner.

Réflexions inspirées d’un entretien publié de Pierre Calam, président de la fondation Charles Léopold Mayer pour le progrès de l’humanité.
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LE RACISME

Théoriquement, le racisme est une idéologie fondée sur l’illusion qu’il existe une hiérarchie entre les différents groupes humains, appelés indument « races ».
En pratique, le racisme est la peur de l’autre, de l’Etranger, de l’Inconnu. Le vote Front national est souvent issu de ce rejet, de cette peur. Les résultats des élections montrent que plus il y a d’étrangers, d’immigrés dans une ville, moins on vote FN. Le fait de côtoyer des étrangers, comme ici à Ivry, de les connaître permet de s’apercevoir qu’ils ne sont pas très différents de soi et que la plupart de nos valeurs sont communes.
Actuellement en France, on assiste à une montée des propos et des faits de racisme : concernant des immigrés dont la religion dérange, un peu d’antisémitisme bien médiatisé et surtout le campagne anti- ROMS (qualifiée de « question ROM » comme on parlait de « question juive » en 1938) dont la pauvreté effraie. Ils sont traités comme des êtres inférieurs, voleurs d’enfants, incapables de s’intégrer, ce qui est bien sûr faux.
Quand le racisme ose s’exprimer, qu’il est relayé par une partie de la presse, ou pire encore par des institutions publiques ou des personnalités politiques, on peut parvenir à des dérives telles que le nazisme ou le fascisme. On a vu l’horreur de la dernière guerre mondiale.
Prenons garde à ces dérives qui s’insinuent lentement dans les esprits.
En cette période de crise économique et de déception politique, l’étranger, l’ « autre » ne doit pas être un bouc émissaire. Comme le disait J.P.Sartre , « le raciste est un homme qui s ‘est trompé de colère. »

LA CIRCULAIRE VALLS
En 2013, 4676 retours contraints hors de l’Union européenne, soit 12 % de plus qu’en 2012 : Manuel Valls se targue que « le niveau total des éloignements forcés atteint son plus haut niveau depuis 2006 » et, pour 2014 met en place un plan favorisant l’accélération des reconduites.

En date du 14 mars 2014, il adresse aux préfets une circulaire présentant ses priorités concernant « la lutte contre l’immigration irrégulière ». Il leur demande d’employer, avec le concours de la police, tous les moyens répressifs : contrôles d’identité ciblés, interpellations des individus à leur domicile, enfermement en rétention, assignation à résidence avec obligation de pointage. Pour les récalcitrants refusant de quitter le territoire des poursuites pénales sont envisagées. De plus les associations et les travailleurs sociaux sont sollicités pour informer les autorités.
Pour les demandeurs d’asile dont la demande a été rejetée, on ne tient pas compte de leur situation personnelle et familiale.
Devant cette circulaire qui renforce la lutte contre l’immigration, , nous ne pouvons accepter que l’Europe, la France, pays des droits de l’Homme, se comporte en « égoïste ». Celle-ci a une approche sécurisée alors que l’immigration est en nombre stable depuis 1970. Nous refusons une politique d’immigration qui repose sur une logique répressive et xénophobe (324 lieux d’enfermement autour de l’Europe où les hommes peuvent rester de 4 mois à 2 ans ou plus).

Face à cette situation nous faisons des propositions :
• Il faut travailler à modifier la politique actuelle en créant de nouvelles relations économiques dans le monde et en Europe. La plupart des pays africains ont des matières premières qui enrichissent le capitalisme mondial au lieu de permettre leur propre développement
• En outre il faudrait organiser une solidarité en Europe accueillir ces femmes et hommes qui vivent dans leurs pays la misère et la guerre (Centre Afrique, Erythrée, Mali, Soudan, Syrie...)
• Nous demandons le rejet du texte de Manuel Valls du 14 mars 2014.Nous réclamons la ratification par la France de la Convention internationale pour les droits des travailleurs migrants et de leurs familles et plus généralement le respect des droits fondamentaux pour tous les migrant-e-s et demandeurs d’asile, la régularisation des migrant-e-s privés de titre de séjour, afin qu’ils puissent bénéficier de conditions de vie et de travail à égalité de droits et de traitement et la délivrance d’un titre de séjour unique pluriannuel attribué dès la première demande, sans mention des motifs d’accès au séjour, remplaçant le titre temporaire d’un an et ouvrant droit à une carte de résident dès le premier renouvellement.

Nous appelons les citoyens du pays des Droits de l’Homme à s’engager à nos côtés pour que ces objectifs soient atteints


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