Quand l’Aide Sociale à l’Enfance et France Terre d’Asile expulsent des mineurs isolés en plein hiver

jeudi 26 décembre 2013
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Vendredi 20 décembre, 6 mineurs isolés étrangers, hébergés jusqu’alors par le dispositif de mise à l’abri du 5 rue Stendhal (DMA Stendhal) dans le 20e arrondissement de Paris, se sont vu signifier, sans doute en guise de cadeau de Noël, leur exclusion de ce foyer. Cette décision revient à jeter ces jeunes isolés à la rue, sous 48 heures, mettant ainsi leur santé et leur vie en danger. En pleines fêtes de fin d’année, la trêve hivernale ne semble pas devoir s’appliquer pour ces "présumés majeurs". Cette mesure inhumaine ne fait que donner un coup de projecteur sur les conditions d’accueil inacceptables et dramatiques que réserve notre pays à ce public particulièrement vulnérable et méconnu.

A l’appel de la CGT et d’associatifs, un rassemblement a été organisé le jour même à 14 h, regroupant jeunes du foyer, membres d’associations, d’organisations politiques et syndicales, travailleurs sociaux, professeurs de ces jeunes et citoyens de l’arrondissement. Le Directeur Général de France Terre d’asile, association responsable de la gestion de ce dispositif dépendant de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE), s’est adressé aux personnes rassemblées et s’est engagé :

à ce que les jeunes concernés ne soient pas mis à la rue d’ici les 15 prochains jours ;
à demander à l’ASE d’organiser durant ce sursis une rencontre réunissant l’ASE, l’association France Terre d’asile, des représentants des jeunes du DMA , ainsi que les associations, syndicats, organisations, partis engagés dans la défense des droits des jeunes étrangers - et en premier lieu dans la défense de leur droit au logement.

Les jeunes menacés aujourd’hui d’expulsion sont en fait depuis des mois dans ce centre d’hébergement qui ne devrait en principe les accueillir que pour la brève période nécessaire à l’organisation de leur prise en charge effective et pérenne. Or les jeunes placés au centre Stendhal y restent bien souvent des mois durant, sans que soient prévues pour eux ni scolarisation ni activités sportives ou éducatives, ni sorties, ni autre soutien psychologique que celui que peuvent apporter des travailleurs sociaux en grave sous-nombre.


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Lire l’article paru sur le site de RFI